Cours de Phytothérapie du 3 novembre 2011
Sur le système locomoteur et ostéo-articulaire


Le jeudi 3 novembre 2011 a eu lieu à Lausanne le cours de phytothérapie traitant des affections de l’appareil locomoteur, ostéo-articulaire et d’antalgie. Ce cours fait partie du 3ème cycle d’enseignement en français organisé par la Société Suisse de Phytothérapie.

Il est dommage que ce cours ait été si peu fréquenté car non seulement des orateurs de renommée européenne voire mondiale mais également des intervenants illustres venant de fort loin et même de Belgique ont étoffé un programme complet et captivant avec nombre de nouveautés encore
inconnues pour la plupart ; le tout agrémenté d’anecdotes à la fois curieuses et instructives.

Ainsi on y apprend que le Cassis a des propriétés multiples et pas seulement comme adaptogène, anti-âge et anti-inflammatoire ; il est uricosurique (comme la Prêle d’ailleurs) et efficace dans la prévention de la goutte, dépuratif et diurétique ; il est veinotonique en plus de ses propriétés antiinflammatoires et antioxydantes, antiradicalaires et vasoprotectrices ; de plus il améliore la vision nocturne comme la myrtille et neuroprotecteur de sorte que l’on peut le donner dans la démence d’Alzheimer ; il y a donc parenté d’action entre la Prêle et le Cassis dans leur action diurétique et pour diminuer les oedèmes. Si l’une des préparations galéniques majeures du Cassis reste sous une forme de macérats glycérinés de bourgeons, en Belgique, le Professeur Vassart le prescrit aussi en extrait sec ou en nébulisat mais en utilisant les feuilles de cassis. A noter que le terme de Kyr provient du nom d’un député de Dijon qui consommait régulièrement du concentré de cassis avec
son vin blanc.

Par ailleurs le Professeur Hostettmann qui a présenté de façon complète les plantes utilisées en rhumatologie et en antalgie a souligné, en citant des études, que la Griffe du diable (Harpagophytum procumbens) , par ses propriétés amères, stimule les sucs gastriques et que d’autre part que l’Absinthe est efficace dans la maladie de Crohn.

Ensuite le Dr Kaiser dans son exposé sur la Consoude (Symphytum officinale) a mentionné une étude montrant qu’elle est au moins aussi efficace en application locale que le Voltarène (Diclofénac). En ce qui concerne les douleurs modérées, le Professeur Serge Vassart (Belgique) note que l’on peut largement utiliser plusieurs plantes en nébulisat, teinture mère ou extrait sec comme la Saule, le Peuplier, la Viola Tricolor, l’Erigeron canadensis et bien évidemment la Griffe du diable (Harpagophytum) . Et dans les douleurs plus sévères bien entendu le Cannabis et le Pavot dont les propriétés analgésiques sont bien documentées cela va sans dire, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, l’Euphorbia horta qui possède des propriétés sur les récepteurs morphiniques avec une action morphi-like.

Enfin pour être peu ou prou complet dans les enseignements de la journée on ne manquera pas de citer des plantes utilisées dans les douleurs neurogènes comme le Millepertuis, le Griffonia, et les sommités fleuries du Cannabis (Cyclamax).

Au terme d’une journée riche en éléments nouveaux c’est une assemblée satisfaite et pleine d’enseignements qui a regagné ses pénates
.