La journée de formation de la SSPM du 22 mars 2012 SSPM

La journée de formation de la SSPM du 22 mars 2012 sur le médecin et le pharmacien face à la recherche clinique en phytothérapie s’est déroulée dans les magnifiques locaux de l’Université de Lausanne, à Dorigny, en pleine année académique.

Le docteur Urech, biologiste à Arlesheim dans l’institut de recherche sur le cancer, nous a détaillé tant la botanique que la biochimie du gui, parasite très puissant dans les thérapies néoadjuvantes du cancer. Cette plante nous montre ses facultés d’adaptation spécifiques sur certains de ses hôtes, le pin, le sapin, le pommier, le chêne, dans les usages phytothérapeutiques courants. Les études sur le gui, effectuées en Europe orientale principalement pour des raisons administratives, montrent des résultats tant sur la survie que sur la qualité de vie des patients cancéreux. L’apprentissage de l’usage du gui fait partie d’une pratique éclairée de la phytothérapie.

Le professeur Kurt Hostettmann, éminent enseignant dans plusieurs universités et auteur de livres à succès sur la phytothérapie, nous a ensuite présenté les avantages et les limites des études cliniques en phytothérapie. Si ces études sont indispensables afin de déterminer l’action et l’efficacité des plantes à usages thérapeutiques, il ne faut pas perdre de vue l’importance de l’usage traditionnel des plantes. Souvent des dangers très théoriques des substances extraites des plantes sont mis en exergue par les médias alors que la pratique séculaire, voire millénaire, de ces produits, inclus dans le contexte global d’une préparation à base de plantes, montre leur totale innocuité.

Le docteur Christoph Bachmann, pharmacien très actif dans le domaine de la phytothérapie, nous a exposé quelques erreurs volontaires et manifestes publiées dans des revues médicales « sérieuses » concernant la phytothérapie. Il nous a clairement démontré qu’entre la pharmacochimie et la phytothérapie, il y a nettement « deux poids et deux mesures » et que la science académique 100 % objective est une chimère médiatiquement conforme.

Le docteur Pierre-Olivier Tauxe nous a alors proposé un autre regard sur la médecine appuyé sur son expérience de près d’un quart de siècle en phyto-aromathérapie. Seule la médecine de terrain, balayée par les certitudes prétentieuses de l’« evidence based medicine », permet de prendre en compte le patient dans son ensemble. Les exemples brefs et précis donnés par le docteur Tauxe sur la médecine ayurvédique de l’Inde antique ont fini de persuader l’auditoire déjà très largement convaincu par les orateurs précédents.

En fin de journée, dans une atmosphère survoltée (!), le docteur Christian Terreaux, expert européen en phytothérapie et parfait connaisseur des rouages de l’administration fédérale et cantonale, a mis en évidence l’importance des rapports d’observation analyticoscientifiques en phytothérapie dans les relations avec l’industrie pharmaceutique. Puis il a énoncé de manière limpide les informations nécessaires à l’obtention du diplôme en phytothérapie tant pour les pharmaciens que pour les médecins.

La conclusion est que seules les instances fédérales sont à même de valider la reconnaissance officielle de formation. Nous pouvons préciser que cette reconnaissance officielle ne saurait remplacer l’expérience au sein de cette médecine complémentaire aux richesses et réussites infinies.

Canelle Devanthéry, membre du comité Romand SSPM

Dr Christian Terreaux, un des fondateurs de la SSPM

Dr Konrad Urech, Institut Hiscia

Prof Hostettmann comme on le connaît!

Dr Pierre-Olivier Tauxe, modérateur du cours

La plus jeune participante

Une ambiance agréable