Cours de Base numéro II : 14 novembre 2013


Bien que ce cours de base II soit très théorique et apparemment moins utile de premier abord pour la pratique quotidienne du médecin, il n’en reste pas moins nécessaire et obligatoire pour obtenir le sésame qui leur permettra d’avoir le titre officiel et le certificat de phytothérapeute. Ce cours est surtout destiné dans sa grande partie à enseigner aux pharmaciens mais aussi aux médecins prescripteurs de phyto-médicaments tout ce qu’il faut savoir à propos des procédures d’enregistrement des médicaments, des autorisations données par Swissmédic pour leur mise sur le marché et leur vente, de la tarification des médicaments préparés et des contraintes imposées pour la facturation, de textes de législation en rapport avec la vente de ces médicaments ; en outre un exposé visait à faire connaitre les arcanes de la falsification des médicaments et les subtilités qui concernent la qualité de ceux-ci.

C’est donc vingtaine de personnes (et d’aucunes sont venues de loin) qui ont eu le courage d’affronter un temps automnal lourd et la grisaille froide qui plombait ce jour-là le campus de Dorigny.

Celle qui a ouvert les feux s’appelle Anne Marie Bollier ; elle maîtrise parfaitement les méandres et les incohérences – parfois ou souvent - de la tarification des médicaments fixée par la LaMal , légalisée dans par l’OAMal, édictée dans la LMT , révisée par la commission fédérale des médicaments. Elle a réussi en quarante minutes à présenter de façon claire un sujet fort complexe.

Deuxième intervenante, Mme A.C. Werlen a accepté de venir parler de l’assortiment de base en phytothérapie ; il s’agit d’une tâche difficile qu’elle a assumée pleinement. Parmi les innombrables possibilités qu’offre la phyto-aromatothérapie, le choix des préparations magistrales pour cet assortiment reste évidemment arbitraire mais il a le mérite d’aider les jeunes phytothérapeutes avec encore peu d’expérience de se lancer dans la prescription de préparations magistrales de façon ciblée et personnalisée…. Et correctement !

Puis 3 personnes (Cannelle Devanthéry, Bettina Fehlmann et Rocco Stecher) ont présenté leur projet très intéressant et très utile pour les médecins qui se nomme « Aromadoc » et qui verra le jour prochainement : il s’agit d’un outil informatique qui permet d’un seul coup d’œil d’avoir une synopsis et une synthèse sur une seule page du web de chacune de toutes les huiles essentielles enregistrées dans la LMT avec toutes les informations nécessaires au pharmacien concernant les principes actifs de l’huile en question, son dosage, ses modes d’administration, ses effets indésirables , ses indications et ses contre-indications en usage clinique, ses restrictions d’usage, ses associations possibles en préparation courante, son tarif en vigueur facturable et son remboursement possible par les assurances ; donc un outil puissant qui facilitera grandement le travail du pharmacien et qui permettra compléter efficacement les lacunes du médecin prescripteur dont l’ordonnance aura été incomplète ou mal rédigée voire erronée.

Autre exposé très attendu : le Professeur Kurt Hostettmann a brillamment fait le tour des problèmes de qualité dans la préparation des médicaments phytothérapeutiques, de l’origine et de la pureté des plantes récoltées pour leur fabrication, des problèmes liés aux pesticides qu’on peut retrouver dans les préparations et de la falsification des produits due à une confusion volontaire ou involontaire entre les plantes utilisées ce qui peut évidemment provoquer des intoxications parfois extrêmement graves voire mortelles ; le tout émaillé d’anecdotes aussi véridiques qu’amusantes.

Enfin, dernier intervenant régulièrement sollicité pour ses compétences en matière d’aromathérapie, le Dr. PO nous a fait un tour d’horizon de la prescription magistrale en aromathérapie, des subtilités de l’utilisation des huiles essentielles, de leurs propriétés et de leur fragrance ; il a pour terminer également brossé un tableau du Top-Twelve des huiles essentielles utilisables en pratique courante , ce qui impliquait un choix tout aussi arbitraire que celui qu’a dû faire Mme Werlen dans son exposé.

A toutes et à tous, au nom du comité de la SSPM, je les remercie pour leur courage et leur abnégation à traiter avec brio ces thèmes complexes et difficiles, sans oublier Christoph Bachmann, notre chef d’orchestre, pour avoir su dénicher des orateurs (trices) captivant(e)s.