Phytothérapie et maladies du système cardiovasculaire
Cours du 6 février 2014 à Lausanne


Ce jour-là plus d’une vingtaine de participants assistent à ce cours dont le but était de donner un aperçu des possibilités qu’offrent  la phytothérapie et l’aromathérapie à prévenir surtout, mais aussi dans une certaine mesure à traiter les maladies cardiaques et vasculaires.

Comme la prévention reste un élément clé dans le domaine de la prise en charge des maladies cardiovasculaire et comme la phytothérapie excelle justement dans son « offre » de possibilités en matière cardiovasculaire, c’est Madame Dominique Durrer, Dr méd. spécialiste en nutrition, qui ouvre  les feux de cette journée ; après avoir cité tous les facteurs de risque (obésité, sédentarité, stress, tabagisme etc…), elle souligne l’impact de la diète pour  éviter les maladies cardiovasculaires. Etonnamment il existe aussi un « paradoxe suisse » ! Nous mangeons  du fromage  et du chocolat suisse et, malgré cela, la prévalence des maladies cardiovasculaires est plutôt basse en Suisse. Pourquoi ?...Parce que les animaux d’alpage mangent de l’herbe de montagne riche en Ω3 et que le chocolat contient de l’acide stéarique et non pas de l’huile de palme.

La doctoresse Michèle Depairon, du service d’angiologie du CHUV, nous rend attentifs au changement de nomenclature de la classification clinique des pathologies veineuses (CEAP) et souligne les bienfaits de la vraie marche, les médicaments phlébo-actifs sont utiles mais ne suffisent pas !  Excellent exposé !

Puis entre en scène - toujours aussi sémillant- notre professeur Kurt Hostettmann : mais avant de nous citer toutes les plantes et les substances naturelles (flavonoïdes, saponines, coumarines, tanins) agissant sur la circulation, il nous offre un scoop ! Le Tramadol, médicament  de synthèse créé dans les années 70, se trouve dans l’écorce des racines du Nauclea latifolia (Sarcocephalus latifolius) !  Une étude récente (fin 2013) a montré la similitude des molécules : affaire à suivre donc … Autre plante d’actualité : Le Curcuma longa.  Grâce à son composant principal, la curcumine, cette plante bien connue dans la médecine ayurvédique, exerce une activité anti-inflammatoire (arthrites) et anti-Alzheimer (en détruisant les plaques  β-amyloïdes) ; elle est associée à la pipérine du poivre et crée une synergie utile dans la prévention de la sénescence.

L’hypertension artérielle est aussi un domaine que l’on peut aborder par la phytothérapie : le tour d’horizon des possibilités thérapeutiques de l’hypertension nous est alors présenté par un clinicien expérimenté et de longue date, le Dr med. Paul Goetz de Strasbourg, qui nous livre quelques-uns de ses secrets ; il nous met en garde que certaines plantes comme la Réglisse et l’Ephedra sont hypertensives et nous conseille de nous enquérir des co-morbidités dont souffre le patient  avant de le traiter avec un traitement antihypertenseur phytothérapeutique. De plus il est important de connaître son traitement « conventionnel » en raison d’interactions néfastes ou inadéquates avec la phytothérapie. En phytothérapie il fait un distinguo entre les hypotenseurs végétaux vrais : l’aubépine, la valériane, la rauwolfia, le cimicifuga, l’olivier, l’ail, le lespédeza, et les plantes agissant sur les artères : myrtille, vinca, cassis et ail. En cas d’AVC, la phytothérapie peut être un appoint du traitement classique et joue un rôle préventif avant l’AVC ainsi que dans dans la phase postcritique.

Avec le Dr méd. Pierre-Olivier Tauxe, nous entrons vraiment dans la phyto-aromathérapie pratique ce qui réjouit  les médecins et les pharmaciens présents.  En effet, il donne des informations précises concernant les formes galéniques des plantes utilisées, le mode d’administration (tisane, macérats glycérinés, teintures spagyriques (selon la méthode Dr Zimpel) HAB, SIPF, EPS, huiles essentielles, huiles végétales, TM HAB, TM Ceres©) la posologie, les interactions, la durée d’administration. Les plantes suivantes sont utilisées : Tilia tomentosa,  Convallaria majalis, Crataegus monogyna, Ammi visnaga, Melissa officinalis, Lippia citriodora, Hypericum perforatum, Inula graveolens, Nardo stachysjatamansi, Allium sativum, Curcuma longa, Cynara scolymus, Eleutherococcus senticosus, Olea europea, Cananga odorata, Citrus reticulata, Taraxacum officinalis, Vitis vinifera, Viscum  album, Ginkgo biloba, Aesculus hippocastanum, Melilotus officinalis , Ruscus aculaetus, Cedrus atlantica, Cedrus deodorata, Cupressus sempervirens, Juniperus communis, Juniperus mexicana, Juniperus virginiana, Helichrysum italicum, Santalum australocaledonicum, Vetiveria zizanoides, Calophyllum inophyllum, Centella asiatica, Zingiber officinalis, levisticum officinalis, Apium graveolens. Là, nous n’avons  plus d’excuses : nous avons une gamme complète à notre disposition pour pratiquer la phytothérapie  avec compétence ! Au travail !

Puis tout le monde est invité à s’inscrire à l’Assemblée générale du 10 avril à Hauterive ainsi qu’au Congrès International de Phytothérapie au mois de juin à Winterthur, en cette année du Jubilé 2014 !