COURS SSPM du 26 mars 2015: Le médecin et le pharmacien face à la recherche clinique en phytothérapie

Prof Hostettmann répond á des questions, accopagné par Pierre-Olivier Tauxe

La journée commence par un grand merci à Cannelle Devanthéry, âme de la SSPM-selon Christoph Bachmann. Avec ses 40 ans de pratique, elle a grandement oeuvré à la diffusion d’une phytothérapie utilisable dans la pratique et suivi la SSPM depuis ses débuts. Les 350 huiles proposées par sa pharmacie lui ont livré bien des secrets; telle une parfumeuse « Cannelle" souligne l’importance du nez pour reconnaître les différentes fragrances d’une huile essentielle. Selon ses mots, avec la retraite et son au revoir à la SSPM de nouveaux mondes s’ouvrent à elle: l’olfaction et à l’oenologie.
Christoph Bachmann rappelle ensuite les exigences du Certificat de formation en phytothérapie. Il souligne l’importance de notre formation postgrade qui se base sur les données actuelles, l’Evidence Based Medecine et de nombreux rapports d’expérience.
Pour sa deuxième conférence Christophe présente la difficulté de la reconnaissance des effets des médicaments à base de plante à travers les études cliniques. Il part d’une question: « pourquoi y a-t-il toujours des études (américaines) qui « prouvent » le contraire des études cliniques GCP concernant les médicaments à base de plantes. En ressort une impression que les études concernant les médicaments synthétiques sont souvent plus « égales » que les études concernant les médicaments à base de plantes. A travers l’exemple du ginko biloba il nous montre qu’une seule grande étude américaine est capable de balayer 10 ans d’autres études positives sérieuses. Il nous rend également attentifs aux fautes méthodologiques capitales qui tentent parfois de discréditer certains médicaments phytothérapeutiques.
En fin de matinée le Dr Konrad Urech de l’institut anthroposophique Hiscia nous parle du Viscum album. Une première partie montre les spéficifités botaniques uni-ques de cette plante en lien avec son action antitumorale. Viennent ensuite un exposé détaillé sur le propriétés parmacologiques du gui et un panorama de la recherche actuelle qui ouvre de nombreuses nouvelles applications notamment dans le traitement des carcinomes. Une seconde présentation nous parle d’études cliniques montrant des résultats impressionnants notamment dans l’amélioration du taux de survie et de la qualité de vie des patients en accompagnement de la chimiothérapie.
L’après-midi commence avec la conférence du Professeur Hostettmann qui présente différentes étude cliniques. En premier, sur l’intérêt de la tomate et du café (du lycopène et des polyphénols) pour diminuer le risque de cancer de la prostate. Puis une autre étude présente l’intérêt de la caféine pour limiter le déclin cognitif lié à l’âge. Ensuite viennent quelques études observationnelles sur la grenade et le taux de testostérone, le curcuma en prévention du cancer du côlon et contre la maladie d’Alzheimer, le romarin pour améliorer la mémoire, les fraises contre le cancer de l’oesophage. Pour terminer quelques études clinique sur l’Harpagophytum, le Boswellia, le cynorhodon, l’orpin rose et la valériane, la vigne rouge, le ginko et le safran.
L’avant dernière conférence de la journée: Madame Sabine Lorch nous présente le projet « Herbie » de la SSPM/SMGP et son questionnaire pour documenter les cas de phytothérapie.
Selon la tradition nous terminons la journée avec le Dr. Tauxe avec une conférence portant sur ls difficultés de standardisation en médecine complémentaire à cause notamment des notions de terrain et d’individulisation. Après avoir souligné les forces de la médecine académique, abordé la problématique de l’individualité, il nous rappelle que les plantes sont composées de matière, d’énergie et d’information et nous présente 3 terrains ayurvédiques: Vata, Pitta et Kapha de manière très imagée et agréable.

Cannelle Devanthéry, la doyenne de la phytothérapie Romande
Sabine Lorch présente le projet Herbie

Monsieur Konrad Urech explique les études concernant Viscum album

Christoph Bachmann parle au sujet des études cliniques qui critiquent la phytothérapie

Des discussions pendant les pauses