Congrès 2015 de la SSPM Romandie- Thème : IMMUNOLOGIE

Les participants suivent attentivement les conférences

Nous nous sommes tous retrouvés pour le 7ème congrès romand de phytothérapie médicale le 12 mars dernier au centre de la Longeraie à Morges . C’est par une une belle journée de fin d’hiver, froide mais ensoleillée, que nous fùmes accueillis pour la bienvenue par notre président Roger Eltbogen.

En introduction, le Professeur Joerg SEEBACH nous a raffraichi la mémoire sur les dernières acquisitions scientifiques en Immunologie et en particulier sur deux aspects des principes du système immunitaire : l’auto-immunité et les déficits immunitaires.

On entend par auto-immuté l’inflammation avec ou sans infection aigue ou chronique ; tous les organes et tous les systèmes sont concernés de sorte que les maladies les plus diverses peuvent en résulter en touchant de multiples organes. Seules les biopsies, quand elles sont possibles, permettent de diagnostiquer précisément tous les types de vasculites, connectivites ou collagénoses. Biologiquement quelques particularités : une vitesse de sédimentation (VS) élevée et une protéine-C-réactive (CRP) basse dans le LED (lupus) et des éosinophiles >500 avec un cortisol pouvant être abaissé.

Les déficits immunitaires innés ou acquis sont associés à une baisse des immunoglobulines IgA , IgM, IgG, Ig D et une inflation des cytokines proinflammatoires , IL 4, IL6, IL17….

Enfin, Joerg Seebach nous invite à doser les anticorps antimonoclonaux spécifiques ; par ex. les anticorps anti-lymphocytes B (anti-immunité humorale et anti lymphome). A l’avenir, nous attendons avec impatience le nom des plantes qui pourraient avoir une influence sur l’immunité humorale (Th2) ou cellulaire (Th1) ou même sur les deux.

Prof Jörg Seebach donne une introduction au système immunitaire
Dr Pierre-Yves Rodondi pendant sa conférence aus sujet de Pelargonium sidoides

Le Dr. Pierre-Yves Rodondi nous a rappellé l’intérêt d’une plante africaine du Sud, le Pelargonium Sidoïdes (PS), un géranium du Cap bien répandu dans deux spécialités pharmaceutiques en Suisse, dont une est prise par la base et que l’on prescrit chez l’adulte à raison de 3x30 gouttes/j. au moins 5 jours de suite dans les infections respiratoires. La sinusite ou la bronchite aigüe est essentiellement virale ; elle évolue naturellement en quelques jours et pourtant nombreux sont ceux qui prescrivent par routine des antibiotiques et des mucolytiques. L‘EBM (Evidence Base Medicine) ne montre aucun gain dans les traitements que les médecins « traditionnels » prescrivent … alors que ce géranium du Cap démontre, dans les méta-analyses, qu’ il apporte un plus dans l’accélération de la normalisation des infections des voies aeriennes supérieures chez des enfants de plus d’un an mais aussi chez les adultes.

Le Dr Georges Van Snick nous précise que certaines plantes prescrites par intermittence de façon rythmée peuvent aider à restaurer les immunodéficiences acquises ou innées.

La prescription de Ribes nigrum (cassis) en macérats de bourgeons glycérinés dans les autoimmunités ainsi que la Quercétine gagnent à être connus.

Les plantes antioxydantes, en général à phénol, comme le Rosmarinus off.(romarin), l’Echinacea angustifolia ou le Purpurea, sont largement proposées.

Les plantes adaptogènes stimulent le béta interferon comme par exemple :Gentiana lutea, Astragalus membranaceus, Rhodiola rosea (orpin rose), Schizandra sinensis, Lycium barbarum (Goji), Uncaria tommetosa, Sambucus nigrum (sureau).

Dans les crises d’allergie on pensera aux bourgeons de cassis, de chêne, de sureau, alors qu’en prévention ce sont les feuilles de plantain qui seront, selon le conférencier, mieux indiquées

Dr van Snick explique des cas de son cabinet médical
Dr S. Bommer parle au sujet d' Echinacea

La Drsse Silvia Sommer nous parle de l’Echinacae purpura dont les semences avaient été fournies au Dr. Voegel par un chef sioux du Dakota. Le laboratoire BioVogel s’est notamment spécialisé à conserver la lignée de ces graines d’origine et à les re-ensemancer. Cette plante est immunomodulatrice, anti virale (influenza, VRS, herpes, cronavirus) ,antibactérienne et anti-inflammatoire ; son activité en est d’autant meilleure que la plante est fraÎche.

Prof Kurt Hostettmann, le doyen de la phytothérapie Romande

Le Professeur Kurt Hostettmann qui nous a rejoint dans l’après midi nous a rappelé en détail la pharmacognosie des plantes qui ont été décrites par les précedents conférenciers. Il a insisté sur les spécificités de chacune. Pour exemple :
Le Panax ginseng authentique (sans fongicides), à condition de ne pas le donner aux cancéreux hormonodépendants, reste une valeur sûre.
L’Echinacea purpurea été très étudié . La variété qui pousse sur les terrains arides serait la plus propice.
L’Eleutheroccocus senticosus, adaptogène, stimule l’immunité cellulaire.

L’Aronia melanocarpia, plante fétiche des indiens inuits du Canada, est trois fois plus riche en anthocyanes que la myrtille.
L’Aronia permettrait de baisser aussi le taux de cholesterol LDL . Son fruit pousse aussi dans nos contrées et il est cultivé chez un fermier dans la région d’ Aubonne ! C’est un plus ! Le fruit du Lycium barbarum, le Goji, pousse aussi en Valais. Il faut éviter le Goji chinois qui est souvent pollué mais qui n’a pas l’aval du Bio-Suisse.
Baptisia tinctoria est mieux connu des homéopathes que des phytothérapeutes. Le Thuya occidental a été introduit chez nous des USA au 16ème siècle.
Le Viscum album a des propriétés hypotensives, antiépileptiques et immunostimulantes par ses lectines. Le Ganoderma lucidum est un champignon bien étudié par les Japonais.
La Spiruline (Astrospira platensis ) peut être ingérée entre 1 et 2 grammes 3 fois/j. au maximum pour ne pas endommager les reins. Attention aux spécialités qui contiennent des métaux lourds.

Le Rhodiola rosea (orpin rose) dont les racines à géraniol rose sont utilisées contre le stress et la fatigue a des propriétés anxiolytiques par son action sur les corticosurrénales : utiliser au maximum des doses de 400mg/j .

Dr van Snick et Dr Jaggi, deux intervenants pendant la pause

Le Dr. Kaspar Jaggi poursuit la journée en nous précisant sa sensibilité pour l’anthroposophie. Celle-ci remet l’Homme au centre de la guérison en lui facilitant la progression sur son chemin de vie. Il replace le sytème immunitaire dans le cadre de l’être humain pris dans sa globalité qui « a conscience qu’il est
conscient » .

La médecine anthroposophique étudie la proportion qu’occupe chacun des quatre éléments chez un patient, pour réveiller ou harmoniser les processus de structuration et de déstructuration qui s’expriment dans ce que l’on appelle la Vie.

Les gaz, les plantes, les métaux, les minéraux, les animaux vont servir de modèles, en tant que médications, pour rappeler aux tissus de nos métabolismes les champs de cohérence des règles de la Nature. On applique cette même approche aux fruits, aux feuilles, aux écorces, aux troncs, aux racines pour trouver une résonnance avec nos fonctions cognitives, digestives, dépuratrices ou encore pour faire fructifier et développer nos talents .

Le mélange dans une proportion déterminée et étudiée de plantes pleinement structurées avec des plantes à l’état végétatif sont d’un apport certain à l’émergence de la santé de l’individu.

Kaspar Jaggi souligne aussi l’importance du conditionnement des substances à l’état brut lors de la phase préparatoire dans la fabrication des remèdes (dessication, macération).

Savoir ce que l’on est, connaître la biologie de son corps, vivre dans un état d’esprit bien intégré dans le milieu social où l’on vit et tout cela sans perdre son individualité fait appel à la notion de « psycho immunité ». C’est sur ce terrain que l’anthroposophie s’exprime le mieux.

Pierre-Olivier Tauxe, modérateur et intervenant pendant une conférence

Le Dr Olivier Tauxe termine les exposés avec des exemples pratiques qui valorisent la phytothérapie du fait que la médecine conventionnelle se trouve parfois dans des impasses qu’elle a d’ailleurs elle-même crées par son hyperspécialisation.

Il nous parle de sa pratique dans l’emploi des Huiles essentielles En général les alcools aseptisent, les oxydes assèchent, les terpènes tonifient . Il cite pour finir des exemples où s’appliquent ces principes : Pour le diabète lié à une autoimmunité il propose le mélange suivant :
HE Pelagonium asperum
HE Curcuma longa
HE Zingiber off
HE Ocimum sanctum
HE Coriandum sativum
Aa 1ml
Dispersant qsp 45ml - S :10 gttes 2x/j. dans un verre d’eau

Dans les arthites auto-immunes : il propose en usage externe :
HE Gaultheria fragrans 9 ml
HE Bosywelia carterii 10ml
HE Mentha piprata 1 ml
HV Sesamum indicum 90ml

Dans la maladie de Crohn :
HE Chamaemelum nobile 1ml
HE Lippia citriodora 1ml
Dispersant 18ml
10 gttes dans de l’eau per os

Il termine enfin en nous parlant de son expérience dans les allergies avec :
HE Tanacetum annuum
HE Matricaria recutica
HE Achillea millefolium

Au terme de ce congrès fort bien suivi et après avoir répondu aux nombreuses questions, rendez-vous est donné aux prochains cours de formation continue SSPM ainsi que pour l’excursion pharmaco-botanique dans le canton de Fribourg ; les dates sont déjà fixées et peuvent être consultées sur le site internet www.smgp.ch ou www.sspm.org

http://www.smgp.ch/sspm/homeindex/ueberunsf/dokumente/brochure.pdf

Sara et Assane, deux membres du comité SSPM

Deux participantes de la Guadeloupe!

Des discussions aux stands pendant les pauses

Des discussions à midi

Les exposants se préparent pour les visites

Des exposants pendant les cours

Une exposants très contente!